| Le Petit Rustre | ||
| Mercredi 8 septembre 1998 |
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Je ne savais pas trop de quoi parler cette fois-ci. Puis je me suis mis à fouiller dans mes photos et je suis tombée sur celle-là. J'ai la mauvaise manie de ne pas noter le nom des lieux sur mes souvenirs de voyages, me fiant sur une mémoire de plus en plus surchargée avec les années qui passent. Je me souviens que c'est en Utah, peut-être le Arch National Park ou quelque chose comme ça. En tout cas je me souviens que je m'étais retrouvé le souffle coupé devant ce monument de pierre sculpté par les intempéries du temps.
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| Y'a qu'le fric... Sommaire La semaine dernière j'ai utilisé Allô Stop pour me rendre à Montréal. Ça faisait des lustres que je n'avais pas utilisé ce système. La dernière fois j'avais 20 ans, je crois. Si l'échantillon de la faune locale qui partageait mon trajet est représentatif de la nouvelle génération, bientôt les fleurs ne sentiront bon que pour les abeilles et les colibris. Tout le long du trajet, tant à l'aller qu'au retour, il n'a été question que de fric et de performance. Performance au boulot, performance de motos, performances sportives etc. Pendant qu'on traversait le lac des deux montagnes, le soleil s'évertuait à colorier les nuages d'une symphonie à vous couper le souffle. Pourtant, pas un regard ou une parole ne lui ont été consacrés. Que des compliments pour le conducteur qui roulait à 140! |
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Je ne sais pas pourquoi, mais je m'étais
toujours imaginé que les passagers d'un écrasement d'avion conservaient leur apparence
humaine. Pourtant j'aurais du penser à la petite taille des débris d'un avion écrasé.
Et du métal c'est drôlement plus solide qu'un humain, non? Ça donne une idée de la
taille des morceaux de chair que les sauveteurs qui s'affairent au large des côtes de la
Nouvelle-Écosse doivent trouver. Il y avait un reportage qui décrivait l'épuisement
moral de ces gens qui n'en peuvent plus de trouver des doigts, des oreilles, parfois un
membre presqu'entier. Nombreux sont les reportages qui ont loué le courage des habitants de cette région qui arpentent leur plage paradisiaque depuis quelques jours pour remplir des sacs de parcelles de corps afin de pouvoir identifier. Il y avait le cas de cette identification relativement facile. Il s'agissait d'une main à laquelle il y avait encore une montre. Mais qui dit cadavre dit également rapaces. Il y a une nuée de ces oiseaux de malheur qui ont convergé sur Peggy's Cove reniflant la charogne. Il s'agit d'avocats américains qui se sont rués sur les familles éplorées, les suppliant de ne rien signer et de procéder à toute poursuite sur le territoire américain en leur promettant les meilleures compensations au monde. Vraiment, le dégoût que m'inspirent ces profiteurs me lève drôlement plus le coeur que l'horreur de cette tragédie. |
| Citation du jour |
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