Le Petit Rustre

Mercredi 4 novembre 1998
Volume 1 # 14-
  Gratuit

Quand l'incompréhension prie le ciel

Comme à chaque soir, les nouvelles télévisées ont troublé brièvement le confort de mon salon avec ces images face auxquelles on finit par développer une sorte d'insensibilité. Bien sur c'est impossible d'être indifférent, mais confronté à la concentration des malheurs que notre petit écran nous amène on finit par revêtir une carapace.

Il arrive parfois qu'une image ou un reportage réussise à briser cette couche protrectrice et vienne nous troubler. Ça m'est arrivé cette semaine pendant un des nombreux reportage sur les séquelles de l'ouragan Mitch au Nicaragua. Entre les images de villages dévastés et de cadavres à moitié ensevelis sous la boue, il y a eu, pendant à peine quelques secondes,celle d'un vieil homme qui s'est mis à prier. Il a tourné son regard livide vers ce ciel d'où l'enfer venait de déferler sur son village, a joint les mains puis a fermé les yeux. Je me demande à quoi pouvait ressemblait sa prière. Quelle question posait-il à son Dieu ? En bon catholique, lui demandait-il pour quels péchés ils venaient d'être punis ?

Quelques semaines plus tôt, un autre ouragan s'est attaqué à la côte américaine, mais il y a eu plus de dommages matériels que de pertes de vie. Pourquoi faut-il toujours que ce soit les pauvres qui écopent ? Pourquoi ce sont eux qui se retrouvent pris à vivre sur des collines rendues instables par la déforestation ?

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LUn p'tit coin d'paradis


Souvenirs de Saskatchewan
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La Saskatchewan vous connaissez ? Si vous êtes comme moi, il se peut que vous ayiez traversé cette province canadienne reconnue pour sa géographie sans relief en vous disant "qui voudrait vivre là". Pourtant j'y ai vécu pendant dix ans, suite à une panne de camion, et j'ai découvert un coin de planète assez magnifique en autant qu'on s'écarte des sentiers battus.

La communauté autochtone de cette province est vraiment dynamique tant au niveau artistique que social. D'ailleurs selon les démographes, si la tendance se maintient, au cours du siècle prochain,elle sera majoritaire au cours du siècle prochain. Les blancs ne cessent de quitter la Saskatchewan attirés par les grands centres alors qu'il y a un véritable boom des naissances chez les Amérindiens de l'endroit.

J'ai eu l'occasion d'assister à un Pow Wow à la réserve Standing Buffalo, dans la vallée Qu'Appelle et j'aimerais vous offrir ces images.

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Un p'tit coin d'paradis...

Ferme à McLean, SaskatchewanParlant de Saskatchewan, voici la petite fermette où j'ai passé quelques années. Aujourd'hui, dans mon 19e étage au bord de la rivière des Outaouais, il m'arrive souvent de fermer les yeux pour ressusciter ces images paisibles d'aurores boréales, de couchers de soleil, de chevreuils traversant la cour qui me rassurent et me disent qu'il est possible de vivre au paradis sur terre. Bien sûr, j'ai toujours une magnifique vue sur les couchers de soleil, mais l'autoroute en bas de mon immeuble n'arrive pas à remplacer le doux feutrement du vent traversant les Prairies.


Citation du jour
Et la troisième (forme de paresse)... consiste à épuiser sa vie à des tâches d'importance secondaire, sans jamais en venir à l'essentiel. On passe son temps à essayer de résoudre des problèmes mineurs qui s'enchaînent sans fin comme les rides à la surface d'un lac. On se dit : "Quand j'aurai terminé tel ou tel projet, je m'occuperai de donner un sens à mon existence." Je crois que la dispersion horizontale des connaissances relève de cette paresse, même si on oeuvre avec diligence pendant toute une vie.
Mathieu Ricard dans Le moine et le philosophe
Un p'tit mot

J'ai reçu ce petit mot par courriel en réaction à la citation de la dernière édition du Petit Rustre.

Entièrement d'accord avec ce jugement. On se rencontre, on se confie, puis on se quitte. Tout simplement. horrible. Petite mort quotidienne. Et puis on renoue, et on renoue, avec du nouveau monde. Léger, tout ça, non? On vit de plus en plus seul aussi. Avec son ordinateur, son frigo, ses repas en solitaire...La communication est faite entre soi et ... soi. On se regarde dans le miroir, on s'observe, on apprend à se pardonner, à s'aimer. à se minoucher, à s'accepter, mais les autres, les AUTRES? Les autres n'existent pas, n'existent plus. On tourne en rond, la queue entre les pattes, cherchant à se parler tout seul, à se toucher, à se protéger, à s'admirer. A en devenir fou!
Simone Piuze

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