| Le Petit Rustre | ||
| Mercredi 20 janvier 1999 |
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Ah ces Américains ! Les politiciens hurlent au scandale, la police a retiré le magazine Hustler des kiosques à journaux ontariens, les journalistes et le public n'en finissent plus de rigoler. Ce magazine, une revue pornographique américaine, a trouvé une façon humoristique d'inclure du contenu canadien dans ses pages. Il a lancé un concours invitant ses lecteurs à lui faire parvenir les raisons pour lesquelles ils aimeraient se retrouver dans le même lit que Sheila Copps. La ministre de Patrimoine Canada, Sheila Copps, est bien connue dans le milieu culturel canadien pour sa défense des magazines canadiens contre l'hégémonie de l'industrie américaine. Elle tente tant bien que mal d'assurer que les publications qui se retrouvent dans les kiosques à journaux aient un minimum de contenu canadien pour avoir droit aux argents des annonceurs de notre pays.
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Tu ne sens plus tes pieds mouillés. Tu as à peine entendu ton nom crié par tes amies. Tu venais de te dire que tu aurais dû écouter ta mère et mettre tes bottes. Mais comme bien de adolescentes, tu préfères traverser l'hiver légèrement vêtue. Tu n'avais pas prévu aller glisser dans la neige, mais lorsque tes amies et toi avez vu ce banc de neige au bord de la route, vous n'avez pu résister à redevenir enfants pour un instant. Tu sais que tu ne dors pas même si tu es étendue et que tout est noir. Il fait trop froid. C'est tout ce qui réussit à éveiller tes sens... Le froid! Il te semble que plus jamais tu n'auras chaud, que ce froid va beaucoup trop loin. Dans ta torpeur, il n'y a que les souvenirs qui existent. Tu te mets à les contempler, mais ton instinct te dit de t'en extirper et d'aller rejoindre tes amies qui hurlent ton nom mais que tu n'entends pas. Tu te tournes alors vers ce qui t'entoure et entends faiblement ces voix reprendre vie en toi. C'est alors que ton corps t'envoie une explosion de souffrances pêle-mêles, qui sont partout et nulle part à la fois. Tu cherches à retrouver une sensation familière, comme celle de ta langue sur tes dents ou de tes doigts qui se touchent. Il n'y a que cette multitude d'horribles sensations que tu n'arrives pas à comprendre . Il faut faire cesser le supplice! Tu replonges vers ce faux sommeil rempli d'images à travers lesquelles tu revois des tranches de ta vie. Certaines viennent de loin comme celle où, toute petite, tu regardes pleine d'admiration ton père qui répare ta bicyclette. D'autres sont plus près, comme ces rires d'il y a un instant qui exprimait votre joie de glisser comme des enfants sur un banc de neige. Puis il y a cet éclair qui te revient! Ces phares qui arrivent beaucoup trop vite près de tes yeux. Tu n'as rien senti, tout était si soudain. La douleur disparaît. Les voix aussi! Tu veux t'éloigner le plus loin possible. Tu sais que tu dois choisir. Le combat ou l'abandon! Le premier te fait horriblement souffrir. Chaque bout d'os broyé, de peau lacérée, de dent brisée crie sa blessure. Tu n'arrives pas à endurer ce bruit. Il te reste alors le silence. Mais comment partir sans dire au revoir? Au revoir à qui? Tu revois tous ces visages, tes amies, ce garçon que tu voulais embrasser, ta mère qui sera dévastée. Non! Tu ne peux pas partir! Pas sans avoir connu l'amour. Un violent hoquet te secoue. Tu tousses mais tu n'expulses que ton sang qui t'empêche d'aspirer le peu d'air qui ferait tant de bien. La douleur reprend, encore plus vicieuse. Le combat est trop inégal. Tu préfères retrouver tes souvenirs qui n'en n'ont plus pour longtemps. C'est à la télévision que j'ai entendu ton histoire en préparant le souper. Il y avait une de tes amies qui a tout vu et qui, tremblante, racontait la scène au journaliste. Comme bien des journalistes, c'était un imbécile qui n'a rien trouvé de mieux que de lui demander « alors allez-vous recommencer à glisser sur les bancs de neige sur le bord des routes? » |
| Citation du jour |
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