Le Petit Rustre

Mercredi 9 décembre1998
Volume 1 # 16-
  Gratuit

Joyeux Anniversaire

Je suis né le jour du dixième anniversaire la Déclaration universelle des droits de la personne dont célèbre en grande pompe le demi-siècle d'existence cette semaine. Je ne sais pas à quoi ressemblaient les célébrations à cette époque, alors je ne sais pas s'il faut se réjouir du chemin parcouru ou s'il faut se lamenter sur le fait qu'un peu partout sur la planète des gens subissent encore des traitement qui scandaliseraient Brigitte Bardot s'il s'agissait de bébé phoques au lieu d'hommes, de femmes et d'enfants.

J'aime croire que les choses s'améliorent malgré tout. Cette semaine j'ai rencontré une amie qui m'a rappelé une chose que j'avais complètement oubliée. Dans les années 80 j'avais une queue de cheval qui me descendait jusqu'au milieu du dos. J'avais fait le serment que je la couperais le jour où Nelson Mandela serait libéré de prison. Je crois que c'est la coupe de cheveux la plus heureuse que j'ai eue. Aurait-on pu croire à un président noir en Afrique du Sud il y a cinquante ans?

Malgré les protestations du gouvernement chinois, le Dalaï Lama a réussi à se faire inviter in-extremis aux célébrations de Paris qui ont regroupé la presque totalité des prix nobels de la paix dans cette ville où la déclaration fut signée le 10 décembre 1948. Heureusement, sinon je me laissais repousser les cheveux.

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Quand l'industrie chimique gave nos enfants

No Blood for OilIl y a peut-être des parents qui se réjouissent de cette nouvelle qu'il y avaitDeux nouvelles navrantes à la radio. Un vaccin pour la varicelle vient d'être découvert et la compagnie parmaceutique, fière de sa trouvaille est en train de convaincre le gouvernement d'injecter sa découverte dans le sang de nos enfants from coast to coast. À 65$ l'injection, il y a pas à douter que c'est une affaire de gros sous.

C'est vraiment triste de faire du fric comme ça sur le dos de nos peurs. Parce qu'il ne faut pas se leurrer, l'industrie des vaccins, comme de tous les médicaments, vise avant tout la santé des portefeuilles des industriels. Je suis tombé sur quelques documents qui jettent un regard nouveau sur la réalité des vaccins. On s'en reparlera!

C'est comme le Ritalin, ce remède miracle pour rendre plus dociles les enfants perturbés. C'est quand même assez hallucinant que cinq pour cent des enfants dans les écoles du Québec ingurgitent ce médicament.

À ce sujet  il y avait une excellente entrevue à l'émission Le midi quinze de la SRC avec David Cohen. Il est le co-auteur d'une étude sur l'utilisation du Ritalin parmi les jeunes de la Commission scolaire de Laval, tout près de Montréal. Il a soulevé le fait qu'il n'y a aucun fondement physiologique dans le processus de diagnostic. C'est uniquement une question d'observation du comportement. "Le p'tit krisse est trop tannant, j'en peux plus, donnez-y une pilule quelqu'un".

Il a également mentionné que tous les intervenants interviewés dans le milieu scolaire étaient unanimes: ils aimeraient mieux adopter d'autres solutions telles que les interventions auprès des familles, un appui supplémentaire en classe ou un encadrement par des spécialistes du comportement. Malheureusement, les ressources n'existent pas alors il faut quand même enseigner, alors hop, une petite pilule. Une petite pilule et l'enfant pourra écouter le professeur déblatérer 2X2=4 sans penser à l'oeil au beurre noir de maman et des cris tard dans la nuit. Une petite pilule et la fillette va cesser de gigoter sur sa chaise encore énervée par la visite dans sa chambre du nouvel ami de maman.

Vous ne trouvez pas que c'est une drôle de coïncidence qu'alors que dans la population en général c'est 5% des enfants qui gobent ce remède miracle, en milieu défavorisé ce pourcentage grimpe à 12%? Et que sait-on des effets à long terme de ces médicaments? Je ne parle pas seulement des effets physiques mais également psychologiques. Car un enfant turbulent a une énergie qui doit sortir et si on met un frein chimique sur cette énergie sans avoir cherché la source, j'ai comme un sentiment qu'il y a quelque chose de malsain qui risque de fermenter en eux. Et ça va sortir comment dans quelques années? Vont-ils exploser plus tard d'une façon imprévisible? J'aime mieux ne pas penser à tous les scénarios possibles. Il y en a un horrible qui m'a traversé l'idée. Imaginez une vague de suicide dans une dizaine d'années affectant 5% de la population. Mais calmons-nous, il ne faut tout de même pas dramatiser. Après tout, les médicaments doivent être sécuritaires s'ils sont vendus, non? La talydomide prescrite aux femmes enceintes? Qui s'en souvient?

Comme l'a souligné Monsieur Cohen, il y a des cas où le Ritalin peut servir d'outil pour ralentir l'enfant juste assez pour pouvoir commencer à travailler avec lui sur ses problèmes. Mais en général, une fois la pilule avalée, le système se désintéresse du problème car il n'est plus visible.

Ce que je trouve assez ironique, c'est que parfois j'ai l'impression qu'une des vocations du Ritalin est de servir d'antidote pour les quantités astronomiques de sucre et autres cochoneries que bouffent nos jeunes. Quand je vais à l'épicerie et que je vois des murs entiers avec des liquides aux couleurs tout aussi étranges que la liste d'ingrédients, j'ai peine à croire que les jeunes puissent accepter de mettre de tels produits dans leur système. Mais qui suis-je pour parler avec mon paquet de cigarette?


Citation du jour
Réponse d'une lectrice à la citation de l'édition du 25 novembre:
 

Quoiqu'ayant lu avec beaucoup d'intérêt les 3 articles de votre dernière édition, je vous avouerai que c'est la citation du jour qui m'a le plus donné l'envie de réagir à vos propos.

Cela dit, c'est sans vouloir offenser Balzac que, si j'avais été assise devant lui pour le faire, j'aurais soulevé quelques questions sur cette absence de certitude à laquelle il fait référence, cette absence qui selon lui rend les amitiés plus charmantes que l'amour. Et, bien sûr, devant sa toute probable insistance à faire valoir les charmes plus grands de l'amitié, j'aurais sûrement avancé (avec diplomatie bien sûr) :

- Que si, pour bien des gences, le besoin de certitude est manifestement plus grand en amour qu'en amitié, c'est certainement dû au fait que ces mêmes gences investissent généralement beaucoup plus de leur être dans ce type de relation et que conséquemment, ils ont le sentiment légitime d'y courir de plus grands risques ;

- Que ce qui précède n'excuse toutefois pas l'acharnement que ces mêmes gences mettent souvent à attendre d'avoir de grandes certitudes avant de laisser tomber leurs défenses et que, quoique la prudence soit toujours de mise lorsqu'on s'engage en territoire inconnu, il serait dommage que cette même prudence, en s'éternisant, les privent de tous les charmes inhérents à l'amour et qu'elle vienne saboter la joie et le plaisir qu'ils pourraient retirer d'une aventure aussi rare et aussi belle ; et

- Que l'amour exige de celui qui s'y engage un certain esprit aventurier et que rien n'oblige celui qui ne possède pas un tel esprit à subir le charme soi-disant moindre de l'amour - et qu'il peut, s'il le désire, se contenter des charmes soi-disant doubles de ses amitiés, much less exciting in some aspects if you ask me...

Enfin, je lui aurais sûrement aussi parlé de ses peurs, de son orgueil, et de son besoin de contrôle...Et j'aurais terminé en lui disant que rien ne vaut le présent pour profiter des contacts amoureux que la vie nous offre, et que la plus grande douleur que l'on emporte avec soi dans sa tombe est liée à tous ces moments où l'on a laissé la peur faire taire les mots qui nous venaient du coeur.

En tout respect monsieur LE RUSTRE, je vous remercie pour ce beau site que vous entretenez avec autant d'art et je vous salue bien bas, vous embrasse et vous souhaite une belle fin de semaine. À bientôt j'espère.

N.B. L'opinion ci-haut exprimée s'adresse tout autant à un lecteur du genre masculin qu'à une lectrice éventuelle du genre féminin...

N.B.B Et l'auteure n'a pas la prétention d'être exclue des gences dont il est question dans l'opinion en question...

Caroline Dufour

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