Y'a encore quelqu'un?
Ouais, y'a pas à dire
ça sent la poussière du côté du Petit Rustre. Sept mois de silence
! Les internautes ont dû me déserter comme je le mérite. Pourquoi
cette absence ? Je pourrais trouver mille et une excuses. Je pourrais
vous dire que c'est à cause des grands changements dans ma vie, ayant
quitté mon 19e étage pour une maison à la campagne avec ma compagne
et ses enfants... À moins que ça ne soit à cause de toutes ces pages
Web, produites pour des clients, qui me donnent envie de faire autre
chose pour mes loisirs.
Non, ça ne sert à rien de me justifier. C'est de la paresse pure
et simple. Glorieuse paresse. D'ailleurs on se reparlera une autre
fois de cette merveilleuse faculté de savoir se reposer avant la fatigue.
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Éloi
s'est vite acclimaté à son nouveau domaine et
ne semble pas trop regretter les rues frénétiques
de Montréal.
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Pourtant il y a tant de choses à raconter. Parler de cette vallée
de la Petite nation qui habite les fenêtres de notre nouvelle maison...
du buffet installé par Claudine pour les mésanges, sittelles, chardonnerets,
pics et autres oiseaux dont elle m'apprend les noms... J'aurais pu
vous relater l'excitation d'Éloi et Virginie dont l'autobus scolaire
a dû freiner pour laisser passer trois orignaux. Attendez, je ne vous
ai pas parlé de cet arc-en-ciel dont on voyait les deux extrémités
toucher le champ...
Et puis la planète n'a pas manqué d'absurdité non plus. Je pourrais
peut-être résumer les derniers mois d'actualité en quatre mots : guerre
grève, sang, corruption.
À cause d'un raton laveur
En fait si j'ai décidé d'écrire aujourd'hui
c'est à cause d'un raton laveur.
Depuis quelques mois, ma jambe me réveille la nuit et je me lève
pour faire des étirements et prendre un antidouleur. (Ah oui, j'aurais
pu vous raconter cela aussi... Une autre fois, quand ça sera passé).
Généralement j'en profite pour jeter quelques bûches sur les braises
et m'asseoir sur la pierre du foyer.
Dans la nuit de vendredi à samedi, j'ai décidé de sortir griller
une cigarette et contempler la lune des Voyageurs (moitié-moitié).
À peine sorti, j'entends un bruit de natation dans la piscine. Il
devait faire froid car à travers le bruit de l'eau j'entendais le
craquement d'une glace mince. Je m'approche avec la lampe de poche
et sous le tremplin, je vois un raton laveur plutôt contrarié qui
semble en avoir marre de nager en rond.
L'eau étant trop basse, il n'est pas question de le récupérer manuellement
alors je décide de miser sur l'intelligence de la bête. Je vais à
l'autre extrémité de la piscine pour éclairer les marches avec la
lampe de poche. J'attire son attention en sifflant doucement. Même
si on ne se connaît pas et que son instinct devrait lui dicter
de se tenir loin de moi, il nage illico dans ma direction et dix secondes
plus tard il pose la patte sur la première marche. J'imagine que dans
une situation vraiment désespérée, on doit faire
confiance ! Je m'éloigne pour ne pas l'intimider et le laisser
sortir. Il se secoue, s'étire et se dirige vers le champ. Après quelques
pas il s'arrête et me regarde un instant, puis repart !
En allumant ma cigarette je me suis dit que la vie peut être si belle
parfois. C'est tout ce que je voulais vous dire.
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