Le Petit Rustre

Dimanche 21 novembre 1999
#21

Y'a encore quelqu'un?

Ouais, y'a pas à dire ça sent la poussière du côté du Petit Rustre. Sept mois de silence ! Les internautes ont dû me déserter comme je le mérite. Pourquoi cette absence ? Je pourrais trouver mille et une excuses. Je pourrais vous dire que c'est à cause des grands changements dans ma vie, ayant quitté mon 19e étage pour une maison à la campagne avec ma compagne et ses enfants... À moins que ça ne soit à cause de toutes ces pages Web, produites pour des clients, qui me donnent envie de faire autre chose pour mes loisirs.

Non, ça ne sert à rien de me justifier. C'est de la paresse pure et simple. Glorieuse paresse. D'ailleurs on se reparlera une autre fois de cette merveilleuse faculté de savoir se reposer avant la fatigue.


Éloi s'est vite acclimaté à son nouveau domaine et ne semble pas trop regretter les rues frénétiques de Montréal.

Pourtant il y a tant de choses à raconter. Parler de cette vallée de la Petite nation qui habite les fenêtres de notre nouvelle maison... du buffet installé par Claudine pour les mésanges, sittelles, chardonnerets, pics et autres oiseaux dont elle m'apprend les noms... J'aurais pu vous relater l'excitation d'Éloi et Virginie dont l'autobus scolaire a dû freiner pour laisser passer trois orignaux. Attendez, je ne vous ai pas parlé de cet arc-en-ciel dont on voyait les deux extrémités toucher le champ...

Et puis la planète n'a pas manqué d'absurdité non plus. Je pourrais peut-être résumer les derniers mois d'actualité en quatre mots : guerre grève, sang, corruption.

À cause d'un raton laveur

En fait si j'ai décidé d'écrire aujourd'hui c'est à cause d'un raton laveur.

Depuis quelques mois, ma jambe me réveille la nuit et je me lève pour faire des étirements et prendre un antidouleur. (Ah oui, j'aurais pu vous raconter cela aussi... Une autre fois, quand ça sera passé). Généralement j'en profite pour jeter quelques bûches sur les braises et m'asseoir sur la pierre du foyer.

Dans la nuit de vendredi à samedi, j'ai décidé de sortir griller une cigarette et contempler la lune des Voyageurs (moitié-moitié). À peine sorti, j'entends un bruit de natation dans la piscine. Il devait faire froid car à travers le bruit de l'eau j'entendais le craquement d'une glace mince. Je m'approche avec la lampe de poche et sous le tremplin, je vois un raton laveur plutôt contrarié qui semble en avoir marre de nager en rond.

L'eau étant trop basse, il n'est pas question de le récupérer manuellement alors je décide de miser sur l'intelligence de la bête. Je vais à l'autre extrémité de la piscine pour éclairer les marches avec la lampe de poche. J'attire son attention en sifflant doucement. Même si on ne se connaît pas et que son instinct devrait lui dicter de se tenir loin de moi, il nage illico dans ma direction et dix secondes plus tard il pose la patte sur la première marche. J'imagine que dans une situation vraiment désespérée, on doit faire confiance ! Je m'éloigne pour ne pas l'intimider et le laisser sortir. Il se secoue, s'étire et se dirige vers le champ. Après quelques pas il s'arrête et me regarde un instant, puis repart !

En allumant ma cigarette je me suis dit que la vie peut être si belle parfois. C'est tout ce que je voulais vous dire.


Citation du jour
Si les politiciens savaient que les journalistes allaient vraiment faire leur boulot, ils ne diraient pas autant de menteries.
André Deschamps