Le Petit Rustre

Dimanche 21 juin 1998,         
Volume 1 # 3-

Le jour le plus long
Qu'a-t-on fait de nos rites?

Pendant des siècles les humains ont célébré les changements de saisons. Notre société, dans sa manie d'abolir les rites et d'uniformiser notre quotidien, a oublié ces anniversaires de la nature. Cette fin de semaine est celle où nous sommes à l'apogée de la lumière. Dans quelques heures, la planète recommencera sa lente course vers le jour le plus court.   

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Conversation avec Hubert Reeves

 
 
Aucune célébration à cette fin! Bien sûr, au Québec on a les fêtes de la Saint-Jean, mais à part un gros party, quelques concerts et l'occasion pour quelques-uns de se saouler qu'est-ce qu'on célèbre au-delà d'une supposée fête nationale pour un peuple sans pays? À l'origine, la Saint-Jean était une tentative par l'Église de récupérer une fête païenne célébrant le solstice d'été. On allumait des feux pour rendre hommage au soleil qui bientôt commencerait à se faire de plus en plus rare.

Dans Iron John, Robert Bly lamente cette disparition des rites. On traverse la vie sans rien célébrer et c'est un peu triste. C'est à peine si on se souvient des anniversaires. Par rejet des superstitions religieuses, les amoureux déménagent ensemble sans aucune cérémonie pour célébrer cette accession à la vie commune. Les enfants accèdent à la vie adulte sans autre rite que leur première bière en toute légalité dans un bar ou l'obtention d'un permis de conduire.

En se détachant des transitions de la nature, on se détache également des transitions de notre vie. On se retrouve, un jour, âgé avec en nous un enfant qui n'a pas su vieillir.


Vous êtes pas capable de travailler ensemble?
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Bon, je ne sais pas qui de la Société Saint-Jean-Baptiste du Québec (SSJB) ou des organisateurs des Francofolies de Montréal (ou les deux) mérite un zéro de conduite, mais le fait est que la bêtise vient de marquer des points au Québec encore une fois.

Lorsque les organisateurs des Francofolies ont décidé de déménager cet événement majeur au mois de juin, les représentants de la SSJB ont protesté. "Merde, on va avoir de la compétition pour notre spectacle de la Saint-Jean". Quelques rencontres plus tard on arrivait au compromis suivant: les Francofolies feraient relâche les 23 et 24 juin pour laisser la place au spectacle organisé par la SSJB. C'est vraiment absurde! Pourquoi ne pas avoir tout simplement intégré dans la programmation des Francofolies deux jours de "Spectacles de la fête nationale organisé en partenariat avec la SSJB"? Ces spectacles auraient bénéficié de toute la machine publicitaire des Francofolies et auraient projeté une image d'une société qui sait travailler de concert.

Non! Au Québec c'est la philosophie du "mes bébelles pis dans ma cour" qui prévaut. Ça augure bien pour quand viendra le temps de se serrer les coudes afin de construire un pays. Vraiment, zéro de conduites les gars (et les filles)! 

Bon, malgré tout ça, il faut lever notre chapeau à ces deux équipes pour avoir fait du bon travail pour offrir à Montréal des événements et activités de premier ordre. Pour en savoir plus:
Francofolies de Montréal
Célébrations de la St-Jean

Conversation avec Hubert Reeves
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En fouillant dans mes carnets j'ai retrouvé des notes que j'avais prises suite à une rencontre en tête à tête avec Hubert Reeves. Merveilleuse rencontre! Je vous en présente des extraits:

La techonologie peut nous dominer mais si on la met en pensée, qu'on l'intègre à la culture, on peut la faire collaborer à notre développement.

L'être humain prolonge l'oeuvre de la nature. Il est la manifestation la plus avancée sur la terre de cette possibilité d'organisation et d'emmagasinage d'information. Il met sur pied de nouvelles techniques, mais il ne faudrait pas qu'il se retrouve débordé par ses propres créations.

L'homme est poussé par une pulsion vieille de 15 milliards d'années qui, par le biais de l'univers, des océans etc. organise la vie... Tout ce qu'on découvre, la nature l'a découvert avant nous.

Pendant très longtemps, la recherche dans le développement de la technologie a été motivé par leur côté sombre et violent. Les premières peintures étaient du maquillage pour effrayer les ennemis, les premiers instruments à cordes étaient des arcs, les premières flutes des sarbacanes – les ordinateurs ont été développés par l’industrie militaire avant de servir à faire de la musique et des arts visuels. Le rôle des artistes est essentiel pour maintenir un équilibre de la technologie (force noire et claire)en les utilisant à des fins créatrices.


Une pensée en chattant
L'univers est tellement vaste et  infini qu'il y a assez de place pour des opinions divergentes.

Citation du jour
The suffering itself is not so bad. It's the resentment against suffering that is the real pain
Allen Ginsberg parlant de l'éthique de Kerouac.

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