Le Petit Rustre

Automne 2001
#28


Sommaire

Le monde il est devenu FOU
par Denis Franco

Et l'homme créa Dieu à son image
par Paul Picard

Pourquoi le monde continue d'exister
par Denis Franco

De la musique à Radio Kabul
Par Le Rustre

En attendant que la poussière retombe
Par Le Rustre

Divagation sur un thème connu
par Paul Picard

Intolérances
par André Deschamps

Le terrorisme et la non-violence par Arun Gandhi

Lettre ouverte aux Américains
par Saddam Hussein

Une pétition?


Citations
En tant que première puissance mondiale, gardienne supposée de la paix dans le monde, l'Amérique se doit, pour contribuer à l'éradication de toutes les formes de terrorisme, de revenir à l'équité dans ses rapports avec les autres nations et de défendre les droits légitimes de tous les peuples victimes de dénis et d'injustice.
M. Bahous
Le Quotidien - Oran

"If the United States does not push to find a solution to the violence (en faisant référence au conflit israélo-palestinien), this violence could become terrorism,"
le Président égyptien
Hosni Mubarak, juin 2001

Ben Laden n’est-il pas en définitive qu’un grand voyou tout indiqué pour personnifier un symbole et les Américains ne se fourvoient-ils pas dans une nouvelle guerre des symboles, comparable à d’autres grandes escarmouches passées qui n’ont eu que l’avantage des alibis complexes ? Mort ou vif, celui que l’on présente comme le milliardaire de Kaboul n’a pas la capacité d’abriter tous les problèmes du monde, au moment où la majorité de l’humanité n’a pour toute civilisation que le simple et l’humble instinct de survie.
M.Abdou BENABBOU
Le Quotidien - Oran

La mise à mort du taureau

par Paul Picard - 5 décembre
Je n'en reviens pas comment Sharron a réussi si facilement a se sortir de la pression montante envers lui. Les USA et d'autres pays commençaient a lui mettre pas mal de pression pour qu'il respecte finalement les résolutions des Nations unies.

Son comportement me fait penser a un Toréador qui a toujours eu l'intention de tuer le taureau. Malheureusement dans la salle il y a trop de spectateurs non avertis qui commencent a trouver cela un peu lamentable le traitement cruel que l'on inflige a ce taureau.

Si le taureau devient trop placide, il s'agit d'agiter la cape rouge et même au besoin se servir des picadors qui vont enrager la bête et provoquer un comportement plus aggressif. Mais voila que la manoeuvre de l'un des picadors est particulièrement blessante et provoque une réaction tellement vive du taureau qu'un cheval en est éventré.

Maintenant toutes les âmes sensibles qui n'approuvaient pas le traitement atroce réservé au taureau sont prêtes à participer à sa mise à mort. Cette mise à mort était le but initial du toréador et il allait le faire de toute façon mais maintenant il a l'approbation de la foule.

Quel sujet difficile...

Pourquoi cet assassinat cible au moment même ou il y avait une période de calme relatif? Pourquoi cette visite au temple, mais surtout la violence de la répression de la manifestation qui se devait de suivre une telle provocation?


Le monde fou il est devenu, FOU Début ]

par Denis Franco -4 décembre
Quand donc comprendra-t-on cette évidence :
la guerre sera toujours le pire des terrorisme
et plus elle dure, plus elle sème la folie.

en ce 4 décembre 2001 devant le délire dévastateur
des PUISSANTS d’où qu’ils soient qui s’érigent en
Zéros-défenseurs-des-VALEURS SACRÉES
ou prétendent apporter la-paix-et-la-sécurité en semant
mort et destruction massive, en massacrant à tour de bras
je ne vois rien à ajouter à ce texte qui reste un cri du cœur

(J’avais écrit ce texte en 1995 dans l’adaptation de LA FEMME SAUVAGE de Jean Yvanne pour le théâtre sous le titre OURIDA. Denis Franco)


Final de Ourida , la femme sauvage
(Voix off par dessus la musique militaire)

Pourquoi le plus fort, il faut être? Allez, pourquoi?
Pour se retrouver seul, au dessus de tout le monde?...

Chez nous, si on veut être le premier,
c’est par l’affection qu’on y arrive. Alors on dit :
Celui-là, plus que n’importe quoi, il l’aime, plusss!
Il l’aime plus la vie, mon fils, la vvviiie...
la vvviiie...

le monde fou il est devenu, FOU

Un holocauste ça ne suffit pas?
Cinquante ans après il faut encore que ça continue?
Allez, pourquoi?

Est-ce qu’on sait pourquoi ils nous chassent, pourquoi ils nous tuent?
Au Burundi, au Ruanda, au Zaïre, en Bosnie, en Tchechenie, en Algérie, au Soudan, en Afganistan, au Liban, en Palestine, au Mexique, au Chili, en Colombie...

voix off de Ourida

Le plus terrible dans une rafle, comme dans les bombardements,
c’est que ça te laisse comme une bête que tu ignores tout,
ce qu’on a fait de ton mari, de ton frère, de ton fils!...
Une bête, c’est tout...
Une bbbbête

Une femme, le désespoir, elle doit pas le connaître,
l’homme oui… la femme, non ou alors… pardon,
elle doit demander jusqu’à la fin de ses jours...

Gros Plan de Ourida

Tout peut être tenté, tout que même lorsque tout semble perdu,
il reste toujours une porte par où s’échapper, une petite lumière...
Que Dieu, Il l’allume pour celui qui veut voir et pas pour celui que les bras il les baisse et sait rien que demander de l’aide.
Celui-là que se battre, il veut pas, la vie, il la mérite pas!
Une loque, c’est une loque!


Et l'homme créa Dieu à son image... [ Début ]

Paul Picard - Les religions ont été pas mal en vedette ces temps-ci. Cela m'a porté à réfléchir sur ce sujet. J'en suis venu à la conclusion que les religions sont des créations des hommes pour les hommes. Elles n'ont rien à voir avec Dieu.

S'il y a un Dieu, il n'a aucunement besoin de religions. Dieu serait un être dont le concept même dépasse de loin l'échelle de nos capacités intellectuelles. Nous n'avons même pas de termes positifs pour décrire l'échelle de l'infini. Sans fin! Nous dont la connaissance est basée sur ces fins, ces limites individuelles, qui me permettent de distinguer une pomme d'une orange.

Dans la religion catholique romaine de mon enfance l'on parlait de différents péchés. Le pire de tous, celui à l'origine de presque tous nos maux, serait celui de l'orgueil. C'est justement cet orgueil de l'homme qui lui permet et l'oblige presque d'utiliser des religions.

Qu'est-ce que toutes ces religions ont en commun?

· Créer des solutions pour expliquer en détail des choses dont nous n'avons aucune idée.
· Il est inconcevable pour l'homme que tout s'arrête à sa mort. Je suis bien trop important.
· Donner un sens de justice.
· Promettre tout ce que l'homme désire (maintenant ou à recevoir au paradis).
· Ils ont LA vérité.
· Donner une recette plus ou moins simple pour guider le commun des mortels à travers les situations complexes de la vie.
· Commentaire ironique : Une forme quelconque d'inciter les gens à leur donner de l'argent.

'La vie ce n'est qu'un bout d'essai pour qui pour quoi Dieu seul le sait' Nougaro.

Un Dieu n'a pas besoin de quoi que ce soit. Il est complet. Il n'a donc pas besoin de nos prières ou de nos louanges. C'est l'homme qui a besoin de prier, de se sentir connecté avec quelque chose de plus grand.

Un Dieu a une incroyable capacité d'aimer. Il peut facilement aimer intensément le pire des criminels.

Un Dieu n'a pas besoin de notre sens primitif de justice ou le méchant doit payer.

Un Dieu peut lire à travers les artifices directement dans le cœur de chacun. Cette lecture ne se fait pas dans un sens de jugement mais dans un sens d'intégration.

Un Dieu est incompatible avec la notion d'enfer si commune à plusieurs religions. (à ajouter à la liste???)


Pourquoi le monde continue d'exister... Début ]

par Denis Franco - 18 novembre

Et Dieu dit à Noé
Vois l’arc en le ciel bleu
L’eau ne tombera plus
Il me reste le feu.

Pourquoi malgré tout, le monde continue d’exister?

Les larmes des mères n’ont pas séché
sur leur joues creusées de rides profondes.

Les pères ne savent répondre aux questions
qui les assaillent et les angoissent :

Pourquoi lui et pas moi ?
Pourquoi la Vie ne l’a pas retenu ?
Pourquoi les meilleurs partent-ils les premiers ?
Pourquoi la Mort mieux que la vie l’a séduit et a triomphé ?

Le ciel continue à cracher ses bombes ? Aveugle le pilote ?
Aveugle le Kamikaze ? Aveugle la Haine qui les conduit ?

Les tours de Babel s’effondrent telles des châteaux de cartes.
Les foules fuient éperdument, les files de réfugiés s’allongent tout autour de la terre… Aucune terre d’accueil en vue, des Camps insalubres à perte de vue ou s’entasse une humanité à qui les puissants ne reconnaissent plus aucun des droit les plus élémentaires…

"Ce sont des vaincus, disent les puissants, pourquoi faudrait-il s’en soucier ? Ils nous haïssent! Si faisons preuve de pitié, ils se relèveront et nous extermineront à leur tour…"

Pourtant quelque part, en Palestine, la mère d’une victime juive a rencontré la douleur de la mère du Kamikaze.

Sans oublier tout ce qui pouvait les séparer, elles ont partagé leur deuil, leur amertume… Cette rencontre est une leçon de courage et de dignité pour tous ceux qui prétendent nous gouverner.

Elles ont démontré mieux qu’avec des discours leur foi en la vie et en un monde de respect qui dit non à la haine, à la violence, à la mort!

C’est grâce à ces deux femmes et d’autres comme elles qui agissent dans l’ombre, que le monde continue d’exister…


De la musique à Radio Kabul [ Début ]

14 novembre - Ce matin, il y avait de la musique sur les ondes de Radio Kabul. À quoi peut ressembler le quotidien d'un peuple forcé à vivre sans musique pendant des années? Je pense à ces journées, au sortir d'un long hiver, où le printemps nous offre un doux baiser de chaleur. J'imagine tous ces visages souriants, les yeux fermés, de ceux qui savouraient quelques notes de musique. La guerre a dû leur sembler loin pendant quelques instants.

Je pense surtout aux Afghanes qui ont maintenant le choix de sentir le soleil sur leur visage. Auront-elles de la difficulté à réapprivoiser la sensation de se regarder dans les yeux? Oseront-elles?


En attendant que la poussière retombe [ Début ]

Comme un peu tout le monde j'ai été pétrifié devant mon écran une bonne partie de la journée de mardi dernier (le 11 septembre). Je ne sais pas comment vous avez réagi, mais j'avais de la difficulté à accorder une dimension humaine à ces images qui me fascinaient. J'ai ouvert la télé au moment où la seconde tour du World Trade Centre disparaissait... en direct.

Un temple sacré de notre civilisation s'effondre, son flanc sabré par un avion, symbole de tout ce qui va trop vite et trop loin. Je n'arrive pas à voir l'élément humain. Ni du côté des victimes, ni du côté des instigateurs. C'est trop gros!

Que dire de tout ça? Je ne sais trop. Voilà une semaine que ça n'arrête pas, les larmes ou le fiel, les questions, les explications. La coupe est vraiment pleine.

J'ai préféré me taire, me contentant de me promener sur Internet, découvrir l'Afghanistan, les histoires de guerres, de rancoeurs, les colères qui nous sont si étrangères, ces colères qui, fécondées par la pauvreté impuissante, engendrent la haine.

Parfois, la haine éclate dans les ghettos. Des enfants traversent la rue et incendient les boutiques de leurs voisins millionnaires. Qu'ont-t-ils à perdre, puisqu'ils n'ont rien.

Le Rustre


Divagation sur un thème connu [ Début ]

Paul Picard - Les situations extrêmes sont souvent utiles pour brasser un peu tout ce que nous acceptons dans notre vie sans nous poser de questions. J’aime bien mener des déductions par l’absurde en poussant une idée à sa limite logique.

Je regarde à la télé ces pauvres dames, je suppose que ce sont des dames ou demoiselles sous ces vêtements qui se promènent, qui doivent porter une tenue vestimentaire difficile à comprendre ici.

Ce n’est certainement pas ici que l’on ferait des règles vestimentaires du genre qui pourrait vous faire aboutir à la prison!!! Non? Eh bien! Tentez donc de vous promener nu sur la rue principale de votre ville. Ne trichez pas faites-le aux heures de pointe. Ce ne sera pas long que vous serez escorté aimablement par notre force de l’ordre qui aura pris soin de vous couvrir. Si votre municipalité est particulièrement libérale, poussez donc l’enveloppe à vous masturber tout doucement sur votre terrasse favorite en dégustant votre consommation favorite et furetant votre livre érotique favori.

Je suis très conscient de la tragédie humaine qui continue à se dérouler. Je ne peux comprendre l’idéologie mais je ne peux m’empêcher d’apprécier quand même l’audace et la planification stratégique efficace reliés à ce projet.

Voici maintenant que tous se déclarent contre le terrorisme. Définissons le terrorisme. Ceux qui luttaient secrètement contre Hitler, est-ce qu’ils entrent dans la définition de terroriste? Si le Canada anglais décidait de déclarer le français langue illégale ainsi que toutes les institutions démocratiques ayant un mandat restreint au Québec ou a une région du Québec, qu’elle serait le seul chemin disponible pour le peuple du Québec pour s’affirmer contre cette injustice?

La guerre du Golf, la guerre contre la drogue, la guerre au terrorisme. Qu’est-ce que toutes ces guerres ont en commun? Elles se font ailleurs. Ce n’est pas de leur faute si les pauvres américains consomment de la drogue. Ils ne peuvent même pas contrôler le flot des drogues présentement déclarées illégales dans des endroits aux libertés aussi restreintes que les prisons. Non la guerre à la drogue se fera en Colombie, n’importe ou sauf aux USA.

Les libertés de choix au moins on a ça aux USA. À moins que vous ne soyez communiste. Les USA sont prêts à supporter n’importe quel tyran, n’importe quel despote, n’importe quelle fripouille (selon quel standard) et même les pires terroristes en autant que cela les aide dans une autre guerre : celle contre le communisme. Comment Ben…. Peut-il respecter les USA. Ils les a vu agir de première main. Ils a vu tout ce que les USA étaient prêts à faire pour lui, dans les coulisses bien entendu.

Il faudrait bien que les USA aient la maturité de prendre des décisions souvent difficiles. Il faut savoir sacrifier un minime gain facile immédiat qui se paye au centuple un peu plus loin. Par exemple les USA n’ont pas voté contre l’utilisation des mines qui tuent plus de civils que de militaires.

Que dire du sujet tabou aux USA du comportement d’Israël. Mettons les pendules à l’heure. Verriez-vous une autre nation en envahir un voisin et le garder totalement en otage pendant des années avec la bénédiction tacite des USA?

Avant de regarder et de chercher la paille chez le voisin, cette tragédie ne pourrait-elle pas être une excellente occasion de faire un bon examen de conscience et de prendre soin de nos poutres.?

Moi qui aime ma liberté plus que Moustaki j’ai toujours eu horreur des religions organisées. L’une des prémices de base de n’importe quelle religion : Nous avons la vérité et les autres aussi bien intentionnés soient-ils, sont dans l’erreur. Dans mal culture catholique romaine j’ai toujours été contre le baptême des enfants. Éduquez vos enfants selon vos valeurs mais laissez-les choisir leur religion lorsqu’ils pourront le faire en toute connaissance.

De voir qu’un gouvernement peut aller jusqu’à tuer ceux qui ne participent pas à la religion du moment, cela va contre toutes les fibres de mon être. Parfois je peux être tenté de dire qu’il n’y a pas de feu sans fumée. Si ces extrémistes peuvent prendre le pouvoir c’est qu’il doit y avoir un accord tacite avec la majorité silencieuse? Il y avait un sentiment antisémite en Allemagne et dans le monde. Hitler aurait-il pu prendre le pouvoir si fermement sans cela?

Il faut admettre qu’il a vite compris que la façon la plus facile d’unir un peuple c’est de lui donner un ennemi commun. Les militants extrémistes islamiques le savent bien aussi. Regardez le sentiment nationaliste aux USA. Est-ce que les USA sont prêts à mettre de l’huile sur le feu avec des interventions brutales dans ce nœud de vipères?

Quelques autres petites réflexions...

J’ai bien aimé cette phrase rencontrée je ne sais ou : You can’t have peace without social justice.

Nous devons avoir du dégoût pour les kamikazes suicidaires provenant des branches extrémistes de l’Islam. Mais je me souviens encore des saints martyrs canadiens dont les morts affreuses nous étaient décrites avec tous les détails scabreux : des charbons ardents mis à la place des yeux. Les pères Bréboeuf et l’Allemand ont en toute sérénité affronté des mort mille fois plus horribles que cet exit rapide de notre monde que connaissent ces kamikazes modernes.

Nos saints martyrs canadiens venaient tout simplement dire aux gens du coin qu’ils étaient totalement dans l’erreur et que tout leur système de croyance méritait d’être mis à la poubelle. Ils menaçaient la population locale des pires souffrances éternelles. Ils accueillaient les tortures et la mort en louant le seigneur et en anticipant leur arrivée au paradis… Plus ça change plus c’est pareil.

Je vois ces démonstrations contre quelque forme de violence que ce soit. Soyons logique et poussons le raisonnement. Vidons également nos prisons. On va essayer d’empêcher les violeurs de commettre trop de viols, les assassins de réduire la cadence de leurs meurtres, les psychopathes sévères de…

Comment transiger avec des gens qui disent ouvertement que leur mission dans la vie c’est de tuer tous ceux qui ne pensent pas comme eux.


Intolérances [ Début ]

André Deschamps - Verrons-nous moins de tolérance au Québec après l’horreur du 11 septembre? En tout cas, les médias ont eu vite fait de donner aux terroristes ce qu’ils voulaient: je regardais la télé et moi-même j’avais envie d’aller taper sur quelque chose ou quelqu’un...

Mais c’est ça la télé: ça joue sur les émotions. On voit des scènes comme ça et on a envie de sauter dans son F-18 pour défendre le monde libre et la civilisation.

Seulement, on n’est pas encore bien certains qui ils sont, même si on commence à avoir une bonne idée, et on ne sait pas non plus trop, trop, où ils sont ni comment aller les chercher.

En attendant, y’a en a d’autres qui leurs ressemblent, qui sont proches, pis qui peuvent pas se défendre: toute une aubaine pour nos propres malades qui, hier, auraient été en train de vandaliser des cimetières juifs, et risquent maintenant de penser qu’ils peuvent impunément s’en prendre à quiconque a vaguement l’air de venir du Moyen-Orient.

On en veut aux intégristes à la source du mal, mais aux États-Unis et ailleurs, ceux qui vont trinquer ce sont des musulmans modérés, des libanais maronites, des Sikhs et des Hindous, des coptes égyptiens.

Les Américains, les Russes, et quelques autres pays ont joyeusement développé le problème au cours des cinquante dernières années en finançant toutes sortes de groupes extrémistes pour mettre en place des régimes à leur botte ou déstabiliser leurs adversaires.

Avec la fin de la Guerre froide, ces groupes se sont reconvertis dans le trafic de drogue et d’autres opérations criminelles pour financer leurs achats d’armes. La plupart échappent aujourd’hui à tout contrôle de leurs anciens maîtres.

Ben Laden est un de ceux là, ses hommes formés au Pakistan par les Américains pour la lutte contre l’URSS...

En se basant sur les leçons du passé, que feront les États-Unis?

Serez-vous surpris que les États-Unis commencent à renforcer financièrement et militairement des régimes anti-islamistes tels l’Algérie?

Sera-t-on étonné d’apprendre, dans deux semaines ou deux mois, que les États-Unis recommencent à financer les mouvement d’opposition aux régimes islamistes comme l’Afghanistan?

Qu’arrivera-t-il au Pakistan si la pression U.S. monte trop? Les militaires au pouvoir voudraient bien accomoder leurs “alliés” américains, mais ils ont leurs propres problèmes avec leurs intégristes à eux.

Quelle sera l’influence de la droite fondamentaliste sur les actions américaines? Le président Bush, avec son “Dead or Alive” et sa lutte contre le mal, où qu’il se trouve, nous ressort une caricature de cowboy américain qui vit en noir et blanc.

Ça ressemble à ce que les Américains ont fait dans le passé, me direz-vous? Eh oui. Quelle que soit la riposte, il est clair qu’elle ne s’accompagne pas d’une stratégie pour régler les problèmes de fond.

C’est bien ce que les terroristes veulent: une lutte d’intégrismes. Pas de place pour les nuances chez les fanatiques, qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans. On voit ce que ça donne avec Israël et la Palestine.

En effet, comment les U.S. vont-ils faire pour régler un problème territorial ou chaque camp ne reconnait même pas à l’autre le droit d’exister?

Le terrorisme nait de l’intolérance. Pas seulement celle qui voit des mosquées bruler ou des autobus exploser. Mais aussi celle qui fait qu’on ne loue pas l’appartement “parce que ce monde là sont pas propres” ou qu’on n’embauche pas (“ç’pas parce que je les aimes pas, t’sé, mais y travaillent pas comme nous aut’...”) ou ...

Ça c’est quelque chose qu’on peut faire tout de suite, autour de nous, en rappelant à nos concitoyens francophones qui l’oublient qu’eux aussi font partie d’une minorité et qu’ils ne sont pas les seuls à avoir leur fierté et leur dignité.

Et tant qu’à y être pourquoi ne pas se débarasser de quelques métaphores guerrières? Un autre Deschamps proposait ironiquement de “faire la guerre à l’intolérance”.

Je dirai plutöt qu’il faut cultiver la tolérance et, comme pour notre jardin, faire preuve de patience en attendant la récolte. C’est une plante qui donne de beaux fruits mais qui demande beaucoup de soins.


Voici la traduction d'un texte anglais qui circule actuellement sur Internet, écrit par le petit-fils du Mahatma Gandhi, Arun Gandhi, président fondateur de l’institut M. K. Gandhi pour la non-violence. La traductrice, Caroline Dufour, s'est efforcée d’être aussi fidèle que possible au texte et à la pensée de l’auteur.

Le terrorisme et la non-violence [ Début ]

Par Arun Gandhi, petit-fils du Mahatma Gandhi

Naturellement, après les tragédies qui se sont produites le 11 septembre à New York et à Washington, plusieurs ont écrit ou téléphoné au bureau pour nous demander quelle serait la meilleure façon de répondre de manière non violente à ces actes de violence complètement inhumains.

Il faut d’abord comprendre que la non-violence n’est pas une stratégie à laquelle on a recours en temps de crise et que l’on met de côté en temps de paix. Le concept de la non-violence est étroitement lié à notre attitude en tant qu’individus et demande que nous effectuions d’abord, à l'intérieur de nous-mêmes, ce changement auquel nous désirons assister. Car l’attitude collective d’une nation ne sera toujours que le reflet de l’attitude des individus qui la composent. Le concept de la non-violence devient réalité lorsqu’on s’efforce de bâtir des relations positives avec les êtres humains. Des relations fondées sur l’amour, la compassion, le respect, la compréhension et l’appréciation.

La non-violence requiert aussi que nous ne jugions pas les autres en fonction de l’impression que nous avons d’eux – en d’autres mots, un meurtrier n’est pas venu au monde un meurtrier, pas plus qu’un terroriste n’est né terroriste. Les gens deviennent des meurtriers, des voleurs et des terroristes en raison des circonstances et des expériences qui ont marqué leur vie. Ce n’est pas en tuant ou en enfermant les meurtriers, les voleurs, les terroristes et les autres criminels que nous parviendrons à débarrasser le monde de la violence. À chaque fois que nous tuons ou que nous enfermons l’une de ces personnes, nous en créons cent autres qui les remplaceront. Pour tenter de mettre un terme à la violence, il nous faut plutôt examiner froidement les circonstances qui fabriquent de tels monstres et rechercher les moyens qui nous aideront à éliminer ces circonstances, et non les monstres eux-mêmes. Le mot justice devrait être synonyme de réforme, et non de revanche.

Nous avons tous pu voir des gens en Iraq, en Palestine, et dans d’autres pays, se réjouir devant les explosions du World Trade Center et du Pentagone. Nous en avons été horrifiés, et avec raison. Mais n’oublions pas que, de notre côté, nous faisons la même chose. Quand Israël bombarde les Palestiniens, nous nous réjouissons ou ne faisons preuve d’aucune compassion. Parce qu’à nos yeux, ils méritent ce qui leur est infligé. Et lorsque les Palestiniens bombardent les Israéliens, nous nous indignons et disons d’eux qu’ils sont des indésirables qui doivent à tout prix être éliminés.

Nous avons réagi sans compassion quand nous avons bombardé des villes en Iraq. Je faisais moi-même partie des millions de gens qui étaient rivés devant leur poste de télévision à regarder le drame, comme s’il s’agissait d’un téléfilm. La télévision nous a désensibilisés. Alors que des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants innocents étaient pulvérisés par les explosions, plutôt que de nous sentir affligés de ce qui leur arrivait, nous nous émerveillions devant l’efficacité de notre système militaire. Pendant plus de dix ans, nous avons continué de causer des ravages en Iraq – il est estimé que 50 000 enfants meurent chaque année à cause des sanctions que nous avons imposées – et nous n'avons encore fait preuve d’aucune compassion à leur égard. Ces gestes, nous dit-on, visent à débarrasser le monde de ce Satan du nom de Sadam Hussein.

Et voilà que nous nous préparons à faire la même chose pour nous débarrasser d’un autre Satan qui porte, celui-là, le nom de Oussama ben Laden. Parce que l’Afghanistan abrite ce Satan, nous nous apprêtons à bombarder les villes de ce pays, et du même coup, à créer un millier d’autres Oussama ben Laden.

Certains d’entre vous diront : " Nous n’en avons rien à faire de ce que les autres pays pensent de nous tant et aussi longtemps qu’ils respectent notre force. Après tout, nous sommes la seule superpuissance qui ait tenu le coup jusqu’à maintenant et nous disposons des moyens nécessaires pour pulvériser la planète entière ". Mais voulons-nous vraiment que le reste du monde nous respecte à la façon des enfants d’école qui respectent ces petites brutes qui les intimident et les malmènent? Est-ce là le rôle que nous voulons jouer sur Terre?

Si c’est le cas, si nous voulons être des brutes, alors il nous faudra être prêt à subir des conséquences semblables à celles que subissent les petites brutes des cours d’écoles. Par contre, il n’est pas possible pour nous de dire au reste du monde " Laissez-nous tranquille… ". Car dans le monde dans lequel nous vivons, une absence d’engagement avec les autres nations ne peut fonctionner.

Tout cela nous ramène à la question initiale : Comment faire pour répondre aux actes de terrorisme d’une manière non violente?

La perspective d’une réponse militaire n’est pas très rassurante. Plusieurs milliers d’innocents mourront, tant ici que dans les pays que nous attaquerons. Le militantisme augmentera de façon exponentielle et, en bout de ligne, il nous faudra répondre à une question d’ordre moral encore plus difficile : Que gagnerons-nous vraiment en détruisant la moitié de la planète? Sera-t-il possible ensuite de vivre en paix avec notre conscience?

C’est pour cette raison qu’il nous faut reconnaître les façons dont nous-mêmes contribuons à créer des monstres dans le monde, et rechercher les moyens qui permettront de mettre fin aux gestes de ces monstres sans faire souffrir d’autres innocents. Par la suite, il nous faudra redéfinir le rôle que nous voulons jouer dans le monde. Il nous faut, selon moi, cesser de chercher à se faire respecter en usant de notre puissance militaire et commencer plutôt à rechercher un respect qui sera attribuable à notre force morale.

Pour cela, il nous faut d’abord comprendre que nous avons les moyens et le devoir d’aider " l’autre moitié " du monde à améliorer sa qualité de vie. Il ne s’agit pas simplement de leur jeter quelques miettes; il nous faut prendre part activement à des programmes économiques concrets et réalistes.

Depuis trop d’années maintenant, notre politique étrangère est basée sur " ce qui est bon pour les États-Unis ". Cette façon de faire est d’un égoïsme extraordinaire. Il est grand temps que nous fondions notre politique étrangère sur ce qui est bon pour le monde entier et sur le désir de trouver les moyens qui permettront de faire régner la paix dans le monde.

À ceux et celles qui ont perdu des êtres chers le 11 septembre dernier et lors d’autres actes de violence ou de terrorisme, je partage votre chagrin et votre douleur. L’idée que vous êtes devenus les victimes de cette violence insensée m’attriste. Mais je vous en prie, ne laissez pas ce sombre épisode faire de vous des êtres assoiffés de vengeance. Car peu importe le nombre de tueries qui seront perpétrées, elles ne vous apporteront pas la paix intérieure. La colère et la haine n’aident personne à trouver la paix. La mémoire de ceux et celles qui ont perdu la vie dans ces explosions ou dans d’autres tragédies de la sorte sera mieux honorée si nous apprenons tous à pardonner et si nous consacrons nos vies à la création d’un monde où règneront la paix, le respect et la compréhension.

Arun Gandhi,
Président fondateur de l’institut M. K. Gandhi pour la non-violence (M. K. Gandhi Institute for Nonviolence)
650 East Parkway South
Memphis TN 38104
Tél : (901)452-2824; Téléc : (901)452-2775
courriel : gandhi@cbu.edu web: www. gandhiinstitute. org


Lettre ouverte de Saddam Hussein aux Américains (extrait) [ Début ]

Vous me pardonnerez d'offrir la tribune du Petit Rustre à un personnage aussi sombre que ce tyran irakien. Mais je suis comme ça! À travers les mensonges qui fusent de toute part, il arrive qu'on puisse déceler les recoins où se cacherait la vérité. Encore faut-il les entendre de toutes les directions.

In addition, we say to the American peoples, what happened on September 11, 2001 should be compared to what their government and their armies are doing in the world, for example, the international agencies have stated that more than one million and a half Iraqis have died because of the blockade imposed by America and some Western countries, in addition to the tens of thousands who died or are injured in the military action perpetrated by America along with those who allied with it against Iraq. Hundreds of bridges, churches, mosques, colleges, schools, factories, palaces, hotels, and thousands of private houses were destroyed or damaged by the American and Western bombardment, which is ongoing even today against Iraq.

If you replay the images of the footage taken by the western media itself of this destruction, you will see that they are not different from the images of the two buildings hit by the Boing (sic) airplanes, if not more atrocious, especially when they are mixed with the remains of men, women, and children. There is, however, one difference, namely that those who direct their missiles and bombs to the targets, whether Americans or from another Western country, are mostly targeting by remote controls, that is why they do so as if they were playing an amusing game. As for those who acted on September 11, 2001, they did it from a close range, and with, I imagine, giving their lives willingly, with an irrevocable determination.
Source: http://www.middleeastwire.com/iraq/stories/20010916_3_meno.shtml


Une Pétition? [ Début ]

J'ai lu un reportage sur la terrible réalité des femmes afghanes sous le régime des Talibans. Je doute que leur mince voile réussissent à les protéger des éclats d'obus d'une Amérique en colère. Doit-on faire payer le prix aux civils pour la poignée de salauds qui ont prix le pouvoir dans ce pays? Et qui donc décidera?

Même si j'ai tendance à être sceptique quant à l'efficacité des pétitions, je me suis dis qu'étant donné l'ampleur des enjeux auxquels nous faisons face il n'y avait pas de mal à prendre une ou deux minutes pour joindre nos noms à un message de modération. Oubliez les pétitions qu'il faut faire suivre par courriel à nos listes d'envoi. Que veulent dire nos signatures si nous les envoyons à 120 copies.

Le lien ci-dessous ouvre un formulaire de pétition en ligne invitant les dirigeants politiques américains à garder la tête froide et à envisager d'autres ripostes qu'une frappe militaire comme réaction à la crise actuelle.http://home.uchicago.edu/~dhpicker/petition