| Le Petit Rustre | ||
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Gratuit |
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Une victoire qui est plus qu'un ballon |
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| Quand j'ai commencé ce petit
projet du Petit Rustre, je ne sais pas trop ce que je voulais faire. C'est fou ce que
l'oisiveté peut engendrer quand on est créatif (ou du moins qu'on croit l'être). Je me
souviens que je venais de découvrir l'univers fascinant des diaristes (ceux qui tiennent
une forme de journal intime sur Internet), ce mélange d'introspection et
d'exhibitionisme.. Je suis d'ailleurs devenu un lecteur régulier de l'un de ces sites,
celui de "l'Ange
vagabond" qui est un personnage fascinant. J'ai tenté de faire quelque chose de
semblable, mais des années de vie consacrée au journalisme ont eu leur effet. Alors que
j'ai voulu émuler la formule des diaristes, je me suis retrouvé à produire une page Web
qui tient plus du bulletin associatif. Mais bon, cette formule n'est peut-être pas très originale mais elle a au moins l'avantage d'être flexible. Elle me permet en effet d'offrir à des amis d'utiliser cet espace pour partager leurs idées et réflexions avec le village global. La beauté de tout ça, c'est que l'un des textes publiés dans cette édition est le résultat d'une amitié qui s'est développée grâce au Petit Rustre. En effet, j'ai eu le plaisir d'entrer en contact avec Marie Preaux, de Québec, qui est tombée par hasard sur mon site Web. L'autre texte est signé André Deschamps, une sorte de philosophe que je connais depuis l'âge de dix ans. Il a été un peu mon mentor au fil des années et si je connais certains rudiment de HTML, c'est lui qu'il faut remercier (ou blâmer...). Alors, la balle est lancée. Si vous avez des choses que vous aimeriez partager, vous n'avez qu'à me les envoyer. |
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| On me demandait récemment s'il
fallait mettre sous le même signe les affaires Levine et Johnson. Je
ne crois pas. M. Johnson est une personalité publique dont les opinions
ont été largement diffusées par les médias lors de son accession à la
présidence d'Alliance Québec. Il s'est rendu à la parade de la St-Jean
avec un entourage de journalistes en espérant ce
genre de réaction. Cela n'excuse en rien les gestes dont il a été
victime et ne remet nullement en question son droit de participer à
la fête de tous les Québécois. Mais en le faisant, il faisait de la
politique.
Quant à moi, j'aimerais bien voir la réaction de certains Canadiens si d'aventure Jacques Parizeau annonçait publiquement son intention de prendre un bain de foule sur la pelouse du Parlement un 1er juillet après y avoir été, devant les médias, de quelques déclarations bien senties sur la Confédération. M. Levine ne faisait pas de politique quand il a posé sa candidature à l'Hôpital d'Ottawa. L'histoire a été montée en épingle par les deux quotidiens anglophones locaux qui ont, sinon suscitées, du moins encouragé la frustrations de certains radicaux à l'égard de M. Levine. Au fond, le seul parallèle intéressant entre les deux situations est qu'elles ont été calculées pour faire ressortir ce qu'il y a de plus malsain chez les Ontariens et les Québécois. De tels incidents, et leur exploitation éhontée par les "spin doctors" des deux camps (avec la complicité de médias complaisants) font reculer d'autant, et les chances d'une réconciliation nationale, et les chances d'une négociation fructueuse advenant l'indépendance. En polarisant le débat de telle façon, on détourne l'attention des véritables enjeux. À coup sûr, la grande perdante à ce petit jeu est la démocratie... |
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Allez, vive la France... J'ai reçu un e-mail l'autre jour d'une amie qui vit à Paris et qui me décrivait l'euphorie qui régnait dans cette ville au lendemain de la victoire française au Mondial de football. Cette ville, surtout caractérisée par les visages mornes de ses habitants devait être méconnaissable à lire la description de ces gens qui se souriaient et rigolaient dans le métro. Je serais bien allé y faire un tour histoire de voir à quoi ressemble un Parisien souriant. C'est rare que j'accorde du crédit au sport en tant que phénomène pouvant contribuer de façon constructive à la société. Mais cette victoire que l'on a qualifié de "victoire de la France plurielle" va sûrement, il faut l'espérer, mettre un peu les bâtons dans les roues de cette droite montante qui commence à faire en sorte que la France commence à projeter une image de société de plus en plus raciste. Les nouveaux héros français sont en effet de souche étrangères à l'hexagone et les médias ne se sont pas privés de souligner ce fait, espérant sans dout damer le pion à Jean-Marie Le Pen (chef de l'extrême droite française) qui avait déjà expliqué les défaites passées par le fait que l'équipe de France n'était pas vraiment "française". Monsieur Le Pen n'a pas pu s'empêcher de parler encore une fois d'un détail de l'histoire pour qualifier cette victoire... expression qu'il avait également utilisé pour décrire l'holocauste. La démagogie a vraiment la peau dure... |
| J'aime bien des
choses en musique, mais mon groupe préféré est définitivement Pearl Jam. Le lead
singer du groupe, Eddie Vedder, est un homme extrêmement charismatique, et un excellent
chanteur (évidemment). Mais il est surtout, pour cette histoire, un parolier troublé par
de durs souvenirs... Eddie avait à peine 5 ans que son père, alcoolique, commence à les
battre, sa mère, ses frères et lui. A douze ans, ses parents se divorcent, mais le
tribunal reconnaissant sa mère trop faible et maladive pour assurer la survie de ses
trois enfants, confie la garde des garcons aux services sociaux. Eddie, troubé, déjà
trop blessé, s'enfuie. A douze ans, Vedder se retrouve dans la rue, seul, malade...
(Attaqué par des gamins, a 15 ans, il se retrouve avec un poignard dans la cuisse. Mais
n'ayant pas l'argent nécessaire pour payer les frais médicaux, il doit, seul, retirer
l'arme et se soigner...) Mais il survivra. Il s'établit sur une plage, a San-Diego, dans une remise à outils (!), et il y demeurera plus de 5 ans, gagnant maigrement sa vie comme professeur de surf. Jusqu'à ce qu'un groupe de Seattle, apparemment sans avenir, lui envoie un démo en lui demandant de composer des paroles. Eddie Vedder devait devenir le chanteur officiel de Temple of the Dog, qui allait devenir Pearl Jam. Bon, ok, mon histoire ressemble vachement à un vulgaire historique de groupe, mais ce n'est pas vraiment ca... On y arrive. Les textes d'Eddie m'ont toujours profondément troublée (il écrit des chansons très "autobiographiques", très personnelles, puisées à même ce qu'il a vécu...). Dans la plupart des premières chansons de Pearl Jam (les chansons qui les ont fait connaitre bref), les paroles d'Eddie sont des paroles de colère, de rage, de très grande douleur... envers son père surtout, mais aussi envers la violence qui règne partout... C'est un cri d'incompréhension! À partir du temps de ces paroles, des tas de gens ont commencé à aimer PJ, à acheter les albums, à s'identifier aux paroles d'Eddie... Voilà ce qu'il en dit (elle est ici, la moelle de mon histoire): "Je ne comprends pas. Tant de gens s'identifie à mes chansons... Moi, je raconte ce que j'ai vécu, mes chansons sont remplie de mon histoire, je parle de la merde que j'ai du traverser, de la merde que les gens autour de moi ont traversé, de tout ce qui a mal été jusqu'ici pour moi, j'exorcise mon passé en quelque sorte... Et il y a des tas de gens qui s'identifient à mes paroles... Quoi? Que devons-nous comprendre de ça? Ça voudrait donc dire qu'il y a des merdes terribles partout, si il y a tellement de gens qui comprenne ce que je dis, ca voudrait dire que tout est pourri partout? Qu'est-ce qu'il y a de bon alors? Dites-moi ce qu'il y a de bons alors dans ce monde??? Je sais ce qu'il y a de bon. Je l'ai compri avec le temps. Et je vais vous le dire, pour ne pas que des gamins fassent des conneries en écoutant nos chansons... Ce qu'il y a de bien dans la vie, c'est le parcours. C'est de toujours s'en sortir quand même. Vous savez, malgré toutes les merdes, je m'en suis sorti. C'est ça qui est beau. C'est ça qui est grand. C'est la grandeur de la vie que cette force-là, et c'est là qu'elle est la beauté de la vie, dans le parcours..." "Vous savez, comme une fourmi. Oui, vous savez, ces foumi que l'on enterrait de sable sur la plage quand on était gamins... On leur jetait des tonnes de sable, qui devait bien avoir l'air d'une montagne pour la pauvre petite fourmi, mais elle réussissait toujours à s'en sortir, en creusant vers le haut, en persévérant... Elle devait être vachement contente de voir le soleil au bout, mais nous, on la réenterrait toujours... Et elle continuait toujours à creuser... Il y en avait toujours un de nous pour trouver la fourmi conne de toujours creuser, quand après tout, elle ne s'en sortirait probablement pas. Mais cette fourmi-là n'était pas conne. Et c'est même extraordinaire de voir quelle énergie elle mettait à lutter pour quelque secondes de soleil. Et même si, à la fin, elle devait mourir de son effort, au moins elle mourait d'avoir voulu vivre, et c'est ca qui était beau pour cette fourmi, c'est le parcours... Comme pour nous. La vie s'amuse a nous foutre des merdes de toute sortes sur la tête, comme le sable sur la foumi, mais on s'en sort toujours quand même. Et si à la fin on meurt (de toute façon, qui de nous ne mourra pas?), on a au moins guerroyé toute sa vie pour sa lumière, on n'a jamais perdu espoir. Comme quoi, l'être humain est vraiment fait pour être heureux..." Vous savez, si un gars comme lui peut dire ca, je ne vois pas pourquoi moi je ne serais pas heureuse de ma vie jusqu'à la fin des temps... Aujourd'hui, les paroles d'Eddie ont beaucoup changé. Ils ont tous vielli. Ils ont atteint leur stade de maturation qu'on pourrait appeler "sérénité contemplative". Je dirais qu'Eddie a fini par finir d'exorciser son passé douloureux... Ses paroles, aujourd'hui parle d'avenir, de chance, de la chance qu'on a tous d'être en vie... Je ne pourrais pas dire qu'il a toujours été un ange de bonne conduite et qu'il mérite de rentrer au temple de l'exemplarité, mais disons que cette parabole-là, de la fourmi, mérite quand même qu'on reconnaisse qu'il a réussi a retirer quelque chose de terriblement important de ses expériences... Cette parabole-là, un jours où un gamin a fait une connerie en écoutant leur musique (ouais, ce poète...), m'a vraiment beaucoup aidé... Aujourd'hui, je me souviens de la fourmi et je me dis que ma vie vaut bien au moins autant la peine que le sienne d'être vécu, alors que, logiquement, je devrais me battre autant qu'elle... |
| Citation du jour |
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