- Penser à qui? Penser à quoi?
- Une visite à la tendresse?
- Une croisière avec un verre solitaire
- Ammaré à une bouteille?
- Faire semblant de nager comme un naufragé
- Vers un quelconque rivage
- Pour noyer des promesses de volupté
- Qui nous forceraient à croire au bonheur
- Je sillone le centre ville,
- Jonché dépaves sans pitance
- Échouées sur les trottoirs
- Fatiguées de voir les passants
- devenir aveugles
- quelques secondes
- Le temps de contourner leur misère
- Leur naufrage sans tristesse,
- Leur résignation paisible et sans vie
- Je pars ce soir accoster à des hanches
- Où viennent mouiller leurs offrandes
- Au creux des fjords de tendresse sans amour
- Briser le lien qui munit au coeur de cette bohémienne
,
- Qui était venu jouer le jeu des hivers sans tempête
- En embrassant les distances
- franchies par nos baisers
- Pendant déphémères instants.
- Je suis fatigué de me vautrer
- dans lapitoiment de ceux qui vivent trop bien, trop
confortable.
- Je puise le courage daffronter ma lâcheté
- Cette tempête triste et sourde
- Qui tourne le dos aux larmes,
- Et gonfle les voiles du chagrin,
- Tu mavais fait vivre des instants de promesses
- Des envies de courir nu sur les plages désertes
- Pour tenlacer en riant et transformer notre chute
dans le sable
- En un lent prélude aux gestes qui allaient suivre
- Ce soir, je suis tombé, mais il ny a plus de sable
sous ma chute.
- Que le corps dun amour de fortune
- Qui est venu sauver mon âme
- Du naufrage
- Jai refusé de mentir
- Amarrée à son coeur,
- Comme au tien qui apprenait encore à battre,
- Trop jeune pour ta poitrine de femme à peine caressée.
- Délivre-moi de tes mystères,
- Avant que la vérité se fasse violence !
- Jaime les mensonges qui saffichent au grand
jour.
- Leur sincérité désarmante est le seul gage
- Dune douleur qui rassure
- En venant nous rappeler que lon est bien vivant.
- Je continue malgré tout à tenvoyer ces lettres
- Qui ne veulent plus rien dire dautre
- Que linstant présent.
- Des promesses jamais faites,
- qui ne faisaient qu'attendre,
- Sans décors où enfin naître pour de bon.
- Des promesses jamais faites,
- Que l'on a toujours tenues,
- Jusqu'à la fin.
- Ton rire résonne encore comme un air de printemps
- Qui ne demande pas mieux
- Que dembaumer le vent de ses parfums naissants.
- Un feu de paille refuse de disparaître de mes yeux
- Mes mains brûlées tâtent la nuit froide
- À la recherche dune dernière braise.
- La nuit a le vent en poupe
- Et fonce vers laurore
- Débridant des rêves fous
- Sertis dans nos bonheurs muselés,
- paisibles...
- Je tangue vers lécueil qui mattend
- Au bout de locéan
- Qui pleure peut-être
- De ne connaître ni sa fin ni son début.
Je ne sais pas...
- Combien de gouttes, de tasses deau imbuvables
- Peuvent ainsi porter les navires
- Qui parfois sinclinent et sombrent
- Dans le plus profond sommeil,
- Loin des regards...
- Cesser dexister le tiers de notre vie,
- Sur un lit que vient parfois visiter des sirènes de passage
- Dont le chant nous laisse indifférent,
- Masqué par la télé quon a oublié
- Déteindre avant de se laisser vaincre.
- Jaime regarder les étoiles, les nuages,
- Mais sur les trottoirs,
- Ce sont les seins et les hanches qui captents mes prunelles
fascinées.
- Jaime désirer les corps fugaces des passantes,
- Rêver à ces caresses qui nexisteront jamais...
- Et cest tant mieux ainsi!
- Car après,
- Je naurais rien à leur dire.
- Il ne resterait rien
.
- Rien quun silence las.
- Et je relis cette carte reçue un soir de novembre
- « Tant pis pour l'avenir, célébrons les souvenirs »
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